La crise de l'université
Les difficultés d'adaptation face à la massification
Face à l'augmentation rapide de ses effectifs ayant conduit à la « démocratisation » de l'accès aux études supérieures par le biais de l'université, il semble que celle-ci ait eu bien du mal à s'adapter. Un des éléments marquant de cet échec est le fort taux d'étudiants sortant de l'enseignement supérieur sans diplôme, principalement après un échec en première année de licence : seuls 40% des étudiants s'étant un jour engagés dans des études à l'université en sont titulaires, alors qu'il s'agit pourtant du diplôme qui s'obtient théoriquement le plus rapidement (3 ans). Il faut noter que le gouvernement a mis en place un « Plan licence » en 2007, dont l'objectif est de réduire cet échec.
Un autre échec réside, selon certains, dans l'inadéquation entre les diplômes universitaires et les exigences mouvantes du monde du travail. Comme on l'a vu, beaucoup reprochent à l'université de ne pas suffisamment former à la vie professionnelle. Mais les tentatives des gouvernements successifs de « professionnaliser » certaines filières se heurtent souvent aux volontés d'une communauté universitaire soucieuse de demeurer membres d'une institution dont la priorité est la formation intellectuelle et la création, la conservation, la valorisation et la diffusion du savoir. Par ailleurs, s'il est vrai que de plus en plus de diplômés ne trouvent pas directement un emploi en sortant de l'université, il faut cependant noter qu'un diplômé de l'université dispose toujours d'une meilleure insertion sur le marché du travail, de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail qu'un non-diplômé. Sur ce point également la crise de l'enseignement supérieure est donc à nuancer.
Une opposition de fond aux politiques des gouvernements successifs
On en est fréquemment venu à parler de crise de l'université au cours des dernières années notamment suite aux grands mouvements de protestation qui l'ont animé. Ces derniers ont montré les difficultés de cette dernière à s'adapter aux changements profonds que lui imposent les différents gouvernements et les transformations de la société. Les grèves et les blocages qu'ont connus les universités en 2002 (contre le LMD), en 2005 (contre le CPE) puis en 2007 et en 2009 contre la LRU et la masterisation des concours de l'enseignement semblent montrer l'incompréhension qui règne entre le gouvernement et la communauté universitaire.
La loi LRU (loi relative aux Libertés et aux Responsabilités des Universités), mise en place en 2007, résume cette incompréhension : tandis que le gouvernement y voit une réponse aux difficultés de l'université en leur confiant l'autonomie de leur budget et en réétudiant la composition des conseils centraux en les ouvrants aux représentants extérieurs, la communauté y voit une menace contre son indépendance vis-à-vis des intérêts privés.
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